mai 13, 2024

Énergie : s’inspirer des leçons des chocs pétroliers

Filed under: Uncategorized — Laurence Thouin @ 10:55

Article publié dans les Echos le 13 mai 2024. Par Philippe Chalmin, Professeur à l’Université Paris-Dauphine, fondateur de Cyclope ; Jean-Christophe Fromantin, délégué général d’Anticipations, Pierre Gadonneix, président de Rexecode.

Après des siècles d’autosuffisance, quand le vent, l’eau puis le charbon, participaient du mix énergétique nécessaire au développement, l’ère du progrès, puis celle de la croissance accélérée, nous ont projeté dans un monde d’interdépendance. Le premier choc pétrolier de 1973 a sonné l’alerte. D’autres se sont succédé. La France, dans le contexte de l’époque, a pertinemment créé les conditions de sa sécurité énergétique, en s’intégrant dans les processus de forage et de raffinage, en lançant une ambitieuse filière nucléaire et en diversifiant ses sources d’approvisionnement en gaz.

Cet équilibre mériterait d’inspirer notre perspective de transition énergétique. Car les enjeux sont critiques ; tant en ce qui concerne les besoins d’énergie que ceux, non moins stratégiques, de métaux rares. La pérennité de notre compétitivité, et par conséquent, celle de notre modèle social est à ce prix. Trois enseignements sont à retenir de la réponse au choc des années 70 qui pourraient orienter notre stratégie dans la compétition qui se joue entre les grandes puissances mondiales : une meilleure anticipation des besoins et plus de cohérence ; la bonne échelle pour aborder ces enjeux ; et la recherche d’un compromis à l’intersection du pouvoir d’achat, de la croissance et de la transition énergétique.

Contradictions européennes

L’anticipation est sans aucun doute le prisme par lequel nos politiques nationales et nos approches géopolitiques doivent être abordées. Le cas des véhicules électriques est de ce point de vue emblématique. Entre les objectifs du plan climat, renforcé par la Convention citoyenne, d’abandonner les véhicules thermiques au plus tard en 2030 ; notre dépendance aux batteries chinoises ; l’instabilité des approvisionnements en lithium et cobalt ; et les tensions sur le cuivre – nécessaire à la circulation de l’électricité – dont il faut plusieurs dizaines de kilos par véhicules ; il est clair que le processus est loin d’offrir les garanties d’une approche linéaire et d’une saine concurrence. Ce sont d’ailleurs les mêmes incohérences qui risquent d’entraver nos ambitions sur l’IA, entre la difficile maîtrise des approvisionnements en étain et nos difficultés à mobiliser les financements nécessaires.

Un deuxième sujet relève des échelles par lesquelles aborder ces enjeux. Nos compétiteurs, les USA ou la Chine, travaillent sur des politiques de l’offre à des échelles compatibles avec les capitaux et les investissements qu’ouvrent ces enjeux. Or l’Europe est embourbée dans une série de contradictions qui freinent l’élan d’une transition énergétique commune : les tensions nées des différences de doctrine franco-allemande sur le nucléaire ; nos dépendances envers des pays dont on découvre tardivement la fiabilité ; la décorrélation entre des échéances environnementales européennes (Green deal) favorables à la demande et des politiques énergétiques nationales en peine sur les politiques d’offre ; et un système de décision commune pour le moins erratique et aléatoire. Comme si nous avions oublié que la sécurité à laquelle nous aspirons appelle aussi une puissance à l’échelle des rapports de force en germe.

Stabilité dynamique

Le troisième enjeu relève d’un équilibre entre la croissance, le pouvoir d’achat et la transition énergétique. Ce réglage, à la fois subtil et complexe, est éminemment politique. Il appelle deux postulats essentiels : Que nous acceptions le principe que la croissance est nécessaire au financement de la transition énergétique, et qu’à cette aune, la prospérité de notre modèle économique, celui de notre modèle social, et par voie de conséquence notre pouvoir d’achat seront assurés. Que nous abordions la transition énergétique à partir d’un principe de stabilité plutôt qu’à celui d’une illusion de souveraineté. Il n’est pas aujourd’hui raisonnable d’imaginer une indépendance énergétique dans l’état des besoins et des enjeux : L’intermittence des énergies renouvelables, la dispersion de métaux rares, et l’entrelacs des chaines de valeurs nécessaires à la production énergétique doivent nous amener vers un principe de réalité. L’équilibre auquel nous aspirons, pour un maximum de stabilité, est à chercher dans la même logique que celle des années 70 : celle des compétences, de l’innovation, du nucléaire, du stockage et de la diversification de nos partenaires.

Rien n’est perdu, pour accéder à une stabilité dynamique en matière d’énergie. Mais nous n’y arriverons, ni en cédant aux récits des idéologues, ni en pensant qu’une main invisible résoudra le problème. Enfin, soyons conscients que l’énergie n’est qu’un moyen et non une fin, au service d’autres causes, comme celle de l’alimentation mondiale, qui méritent que nous nous engagions plus résolument, plus rapidement …

avril 8, 2024

Pas de modèles économiques sans valeurs

Filed under: Uncategorized — Laurence Thouin @ 4:26

Article publié dans La Tribune le 5 avril 2024. Par Renaud Donnedieu de Vabres, Jean-Christophe Fromantin et Geoffroy Roux de Bézieux.

Nos modèles économiques actuels nécessitent une révision profonde, avec un retour aux fondamentaux culturels et territoriaux pour revitaliser la création de valeur et réaffirmer l’importance de l’humain dans nos sociétés mondialisées

Nos modèles économiques durables sont en théorie indexés sur la création de valeur. Depuis la Renaissance, puis au cours de la période industrielle, il était assez facile de transposer nos valeurs culturelles en atouts économiques. Grâce aux leviers du progrès mécanique, l’artisanat d’art a muté vers une puissante industrie du luxe, nos traditions gastronomiques ont donné naissance à une très large filière agroalimentaire, et plus généralement, la diversité de notre géographie a façonné le socle d’une économie prospère et fortement enracinée.

Réinventer nos atouts pour une économie enracinée et durable

Aujourd’hui, dans beaucoup de territoires, il ne reste de cette économie, que des friches ou quelques productions destinées aux touristes. Or, ce n’est pas tant la mondialisation qui a changé la donne – pour preuve, les deux secteurs parmi les plus territorialisés évoqués ci-dessus, pointent en tête de nos exportations – mais plutôt un éloignement des singularités qui fondent l’adossement nos économies, une financiarisation excessive et une inflation de process en tout genre qui ont progressivement neutralisé les valeurs et l’énergie initiales.

Faire d’un grain de sable un continent et faire de chaque minute une opportunité. Autrement dit, travailler à la revalorisation de nos atouts géographiques et culturels pour réintroduire un cycle de création de valeur. C’est probablement une des anticipations stratégiques qu’il nous faut dorénavant réintégrer. À double titre : en ce qu’elle restaure nos avantages comparatifs dans la mondialisation ; mais aussi, et surtout, en ce qu’elle réaffirme le primat de l’être humain sur la technologie et les systèmes de conformité. Remettre l’individu au centre, plutôt que de le pousser vers les périphéries du temps et de l’espace, est probablement le premier défi contemporain qu’il nous faut adresser. La métaphore du village, souvent invoquée, témoigne de cette profonde inspiration à restaurer la culture, la proximité, l’utilité de chacun et à se rapprocher de la nature.

Les défis de l’économie humaine

Pour autant, cette revendication d’appropriation de sa part de terrestre, ne doit pas signifier un repli identitaire, au risque de basculer vers une démondialisation malheureuse, voire belliqueuse. Or, on voit aujourd’hui une forte tension entre des fiertés nationales qui tendent vers des nationalismes, et les valeurs du bien commun universel. Cela pose inévitablement la question de la dialectique entre l’affirmation de nos valeurs et l’ouverture au monde : ces principes sont-ils antagonistes ou participent-ils d’une richesse universelle ? À l’heure des Gafam et des voitures chinoises, existe-t-il un modèle vers une économie humaine, enracinée et mondialisée ?

La réponse à ces questions est difficile, mais plusieurs conditions ouvrent la voie : la première est que nous gardions notre esprit critique ; que nous restions conscients que l’innovation, telle une asymptote, n’est qu’un moyen éphémère au service d’une cause qui la dépasse, celle du progrès de l’humanité, et que par conséquent il n’y a pas de prospérité économique durable sans la liberté politique ; la seconde condition appelle à ce que nous trouvions des réponses européennes aux grands défis numériques, énergétiques ou environnementaux de notre époque ; en sortant des égoïsmes nationaux, en trouvant le point d’équilibre entre les racines chrétiennes de l’Europe et les Lumières – qui fondent et inspirent nos valeurs communes – et la légitime souveraineté des États ; la troisième condition, dans l’incandescence du monde actuel, est de maintenir un haut niveau d’échanges, car la valeur et la créativité procèdent en grande partie de l’émulation du commerce et des rencontres qu’il suscite.

Articuler nos villages dans un monde global, pour recréer un lien fort entre nos valeurs culturelles et celles qui fondent notre économie. Cela pourrait être l’axe d’anticipation, mais aussi l’axe d’inspiration, grâce auquel nous retrouverons à la fois l’énergie, les valeurs et la créativité que procure le sentiment commun d’appartenance ; mais aussi celui par lequel nous réapprendrons à valoriser ce que nous avons de plus singulier pour faire de chaque village, qu’il soit local, national ou européen, un continent ; et de chaque échange une chance…

mars 19, 2024

Crise de l’immobilier : aller où et comment ?

Filed under: Uncategorized — Laurence Thouin @ 10:32

Article publié dans Les Echos le 19 mars 2024. Bernard Attali, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes et ancien délégué à la Datar, Thierry Bolloré, ex-dirigeant du groupe Renault et de Jaguar Land Rover, Jean-Christophe Fromantin, délégué général d’Anticipations.

La crise de l’immobilier et les révolutions en matière de mobilités – avec en toile de fond, la transition énergétique – doivent nous inciter à mettre la question « Aller où et comment ? » au cœur des anticipations ; et à réinventer une véritable planification sur le long terme. Car la réponse n’est pas tant celle des ajustements, que celle d’une approche holistique des paramètres socio-économiques, qui participent de cet enjeu.

Pour ouvrir une nouvelle ère d’économie politique, il faut échapper à la tentation jacobine. Pour s’intéresser au « où » – dont les crises des bonnets rouges ou des gilets jaunes, mais aussi celle du logement dans les métropoles, témoignent d’une sensibilité nouvelle – nous devons penser autrement ; et prendre en compte les profondes aspirations à une meilleure qualité de vie. Or, dans une partie de la France, éduquer ou se soigner coûte cher ; dans l’autre, se loger avec suffisamment d’espace et de nature, est inaccessible. Les extrémités du spectre sont en crise. Si la performance économique et l’emploi sont encore au cœur des critères de choix d’aménagement du territoire, pour des causes évidentes de développement et de financement du modèle social, il est temps d’accepter que la qualité de vie et de l’environnement ne soit plus une option, mais une composante centrale du « Aller où et comment ?». Les « scenarios de l’inacceptable », tels que les nommait la Datar (Délégation à l’Aménagement du Territoire et à l’Attractivité du Territoire) pour pointer les angles morts de l’aménagement du territoire, s’additionnent. Un sentiment de mal-être ou d’isolement interpelle la cohérence, voire l’efficacité des décisions.

Alors qu’on espérait que la décentralisation suffirait à compenser l’absence de vision d’ensemble au nom d’une saine émulation entre les territoires, force est de constater qu’elle est nécessaire mais pas suffisante. Un pays ne peut pas répondre au « Aller où et comment ? » sans un référentiel solide, sans vision d’ensemble de l’armature territoriale et de ses dynamiques.

Si au cours des dernières décennies la métropole a eu tendance à s’imposer comme le lierre de la modernité, on observe une libération de la réponse au « Aller où ? ». Les regards ont changé. La ville moyenne ou le village réapparaissent comme des lieux vers lesquels les ménages se projettent : avec davantage d’espace, sur des échelles humaines, au plus près d’une nature qui incarne un art de vivre. Si les mouvements démographiques sont encore hésitants – France Stratégie parle de « desserrement urbain » et l’INSEE remarque le déficit migratoire des métropoles –, la géographie se redécouvre.

Cependant, l’évolution du « où » interroge le « comment ». Elle est la conséquence d’une mobilité numérique qui libère et stimule le télétravail ; d’une frugalité énergétique qui interpelle nos transports ; d’un périmètre d’approvisionnements à nouveau questionné, entre le globe et les circuits courts ; et d’une mobilité qui se construit dans un mix, du vélo au train en passant par la voiture, individuelle ou partagée. Tout change. Imaginer que nous passerons du pétrole vers les énergies propres à organisation constante est illusoire. C’est un nouveau modèle de société qu’il faut imaginer, sans dégrader les équilibres, en revalorisant les richesses de notre géographie ; celles dont chaque village et chaque ville sont les dépositaires ; celles dont notre économie se nourrit pour promouvoir ses avantages comparatifs.

Les tensions viennent de notre difficulté à mettre en perspective ces anticipations. Traiter séparément, dans le temps et l’espace, le « Aller où ? » du « Comment ? » entraine vers une impasse. L’aménagement du territoire est l’incarnation d’une vision, dans une dialectique entre nos territoires et l’État, avec la contractualisation et la décentralisation comme moyens pour mettre en œuvre une politique moderne. Cette vision passe par une liberté de mouvement, pour laisser à chacun l’opportunité de construire son projet de vie là où il le souhaite.

Mais la route est longue. La rigidité des modèles d’organisation est en conflit avec les dynamiques de mobilité ; les infrastructures sont en retard sur les flux ; nous avons confondu, métropolisation et métropolarisation. Il est urgent de repenser une politique d’aménagement du territoire en phase avec son temps.

février 8, 2024

Éducation : avec ou sans l’IA ?

Filed under: Uncategorized — Laurence Thouin @ 8:47

Article publié dans Les Echos le 7 février 2024. Jean-Christophe Fromantin, Délégué général d’Anticipations, Chercheur-associé IAE-ETI-Paris-Sorbonne, Marguerite Léna, philosophe, Guillaume Leboucher, Chief Data Officer, Fondation IA pour l’école.

L’émergence accélérée de l’IA pose avec acuité la question de son usage dans l’éducation. Avons-nous besoin de cette « intelligence » pour améliorer l’enseignement ? L’enjeu est majeur. Les positions sont loin d’être tranchées. Mais la vitesse de diffusion de l’IA nous amène à hâter nos prises de position.

Quelques postulats permettent d’orienter la réflexion, ils sont de trois ordres :

Le premier est de reconnaitre qu’en matière d’IA, on ne parle pas d’intelligence à proprement parler,  mais de calcul probabiliste ou d’enchainements algorithmiques qui puisent et combinent les milliards de données à sa disposition. Or, l’intelligence humaine n’est pas réductible au calcul. Elle intègre à la fois une pensée, et par conséquent une intentionnalité. Cette double qualité permet d’accéder à deux dimensions qui échappent à l’IA : la capacité de création – ou de commencement – ; et l’accès à la vérité, en tant qu’elle ne relève pas d’une statistique mais d’un discernement qui est œuvre de l’esprit.

Le deuxième postulat interroge non pas l’IA, mais les profils et les intentions des acteurs de l’IA. Si l’éducation devient un marché, à la main d’acteurs dont les motivations vont au-delà de l’éducation, il est à craindre que l’outil prenne le dessus sur ce pour quoi il mérite d’être développé. C’est pourtant l’économie vers laquelle nous nous orientons. Or, nous ne pouvons concevoir l’IA dans l’éducation qu’à la mesure de ce que doit être et rester l’éducation : une formation de l’esprit pour permettre à une génération nouvelle d’accéder à sa propre humanité. Un capitalisme de l’intelligence marquerait la fin de l’humanité. En cela, l’IA engageun enjeu politique central dont il nous appartient de nous saisir.

Le 3ème postulat questionne notre capacité à poser des contre-poids à l’IA. « Il faut tout un village pour élever un enfant » ; ce proverbe africain dit parfaitement combien l’éducation ouvre sur l’entièreté de la personne et pose des limites dont l’intelligence a besoin pour découvrir des valeurs, la culture du respect et le sens du compromis. L’intelligence ne se conçoit pas en dehors d’un système relationnel authentique dont l’esprit, le corps et la matière, tous réunis, forment l’humus. Pour cette raison, l’IA doit s’inscrire dans un projet éducatif qui pose clairement les règles d’autorité, de relations et d’enseignement qui situent précisément le cadre de son usage.

Autrement dit, l’IA n’a de sens que dans une perspective qui la dépasse ; qui permet de grandir en tirant de nous-mêmes « plus » que ce que nous sommes. Ce dépassement n’est possible qu’en créant les conditions de l’accueil, de l’altérité et du surgissement de l’inédit, ce que l’IA ne pourra jamais faire, compte-tenu de sa constitution. Par conséquent, son intérêt pour l’éducation ne se pose, ni en termes desubstitution, ni d’augmentation artificielle de l’intelligence humaine, mais en tant qu’elle nous permet de challenger les méthodes éducatives.

Plusieurs pistes sont d’ores et déjà ouvertes : dans le domaine de « l’adaptative learning » pour fluidifier le parcours de chaque élève en adaptant ses connaissances à son rythme d’apprentissage ; dans le domaine des neurosciences, pour mieux ajuster les orientations des élèves à leurs facultés physiques et cognitives ; ou encore dans le domaine de « l’immersive learning » pour illustrer des approches techniques, mais aussi géographiques ou historiques, et faciliter la contextualisation des apprentissages.

Poser des questions, et amener à se poser les bonnes questions, sont les deux piliers d’un système éducatif. Ils participent d’un parcours, jalonné d’efforts, de recherches et de limites, qui va donner à l’élève le goût de l’exploration, de la découverte et du partage. Or, l’IA n’est incompatible, ni avec l’un, ni avec l’autre. Dans le 1er cas, elle participe d’un élargissement de la relation entre l’élève et le professeur dans la mesure où ce ne sera plus tant la réponse académique qui alimentera l’échange mais le sens de la question, la médiation et le dialogue qui en découleront ; dans le second cas, se poser les bonnes questions, renvoie à une intériorité dont la connaissance offerte par l’IA attise la curiosité. Là encore l’IA ne serait une menace que dans la mesure où elle s’inscrirait dans une perspective de remplacement. Elle est en revanche un atout dès lors qu’elle permet d’approfondir la connaissance de ce que nous sommes et voulons devenir.

Si le « par-cœur » a encore de beaux jours devant lui, c’est bien parce que l’IA ne pourra jamais remplacer l’effort de mémoire dont notre intelligence se nourrit pour alimenter notre esprit critique et notre élan.

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