Accepter d'être déconcerté aujourd'hui pour ne pas être surpris demain

L’ agitation des temps a généré un intérêt renouvelé, parmi les services de l’État chargés d’assurer la sécurité de notre pays, pour la réflexion sur les transformations structurelles du monde susceptibles de faire émerger de nouveaux risques, mais aussi des opportunités. La recherche de signaux annonciateurs de changements majeurs dans des champs aussi variés que la géostratégie, l’innovation technologique ou encore la vie sociale constitue souvent une tâche exaltante mais aussi parfois – reconnaissons-le – déconcertante, lorsqu’elle remet en cause nos habitudes, nos certitudes et nous place face à nos propres limites.   

La démarche engagée depuis 2021 par Anticipations est particulièrement opportune : le dialogue, la confrontation des expériences et le partage des points de vue constituent des voies fertiles pour « prendre les devants ». Le produit des discussions engagées dans ce cadre original constitue, dans cette perspective, un outil précieux pour orienter les stratégies de nos organisations afin de les préparer à ce que l’avenir nous réserve. 

Nicolas LERNER

Directeur Général de la Sécurité Intérieure (DGSI)

Parrain de la promotion 2023

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Si la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) est principalement connue des Français pour son rôle en matière de lutte contre le terrorisme, elle est également compétente en matière de lutte contre les ingérences étrangères, qu’elles soient de nature politique, économique ou numérique. Au quotidien, ses agents cherchent à prévenir, détecter et entraver les tentatives d’actions malveillantes déployées sur le territoire national, afin de protéger leurs concitoyens et les intérêts fondamentaux de la Nation. L’anticipation est donc, par nature, au cœur des métiers d’un service de renseignement et de sécurité comme la DGSI.  

De la sidération à l'anticipation


Comment nourrir une vision du futur et un imaginaire qui s’affranchissent des scénarios tout faits et qui permettent de nous projeter réellement dans ce que pourrait être le monde qui vient?


C’est pour élaborer une réponse à cette question que nous avons créé le programme Anticipations. Face à l’état de sidération qui prend de cours de nombreuses organisations, les dirigeants privés comme publics ont un besoin vital de changer d’échelle, d’anticiper pour mieux adapter leurs réflexions, leurs stratégies et leurs décisions aux évolutions du monde.
 

Ce programme se fixe comme ambition de relancer une culture de l’anticipation autour d’un cycle d’immersion sur la prospective, à l’adresse de dirigeants et de cadres internationaux. Avec une ambition claire : capter les « signaux faibles » issus de différents univers ; croiser les analyses pour mieux comprendre les tendances ; élargir sa vision du monde ; anticiper les conséquences des changements possibles pour faciliter les prises de décisions stratégiques.
 

Cette approche est à mon sens aujourd’hui fondamentale, voire indispensable et les crises à répétition qui secouent nos sociétés depuis plusieurs années en sont une preuve flagrante.


Jean-Christophe FROMANTIN
Délégué général de "Anticipations"

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Une plongée dans le "temps large"

Anticipare auraient dit nos ancêtres latins : prendre (capere) les devants (ante). Prendre les devants sonne comme une évidence quand on est chef(fe) d’entreprise. N’est-ce pas ce que l’on attend d’elle ou de lui ? Donner un cap, imaginer les tendances, envisager les risques et opportunités, essayer une plongée dans le « temps large »… Un programme classique, mais une notion pourtant bien plus complexe qu’elle n’y paraît en ces temps incertains

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Ce monde nous oblige à nous adapter en permanence. La multitude de directions et de choix possibles impose d’accueillir le doute. Accepter le risque que l’on prend, en décidant, puis garder le cap. Faire preuve d’agilité, parfois changer de chemin en cours de route, tout en poursuivant dans la même direction pour atteindre ses objectifs.

 

Anticiper, ce n’est pas seulement « prendre les devants », c’est aussi s’assurer du déploiement au bon moment et offrir un terreau fertile. Anticiper, c’est a minima garantir la croissance et donc la survie d’une entreprise, d’une société, ou la projeter dans le monde d’après. Lorsque Accor lance en 2017 Wojo dans le domaine du co-working, le groupe anticipe les modes de fonctionnement évolutifs dans le domaine du travail, aujourd’hui accélérés par la pandémie.

 

Anticiper, cela veut dire oser prendre des risques mais aussi faire germer des idées, proposer aux autres de construire le monde de demain, celui qui intégrera de nouvelles dimensions et donc faire évoluer les mentalités en conséquence. Favoriser l’esprit d’anticipation c’est favoriser un autre regard, c’est s’autoriser, et encourager les autres à penser différemment.

Sébastien BAZIN

Président directeur-général du groupe Accor

Parrain de la promotion 2022